Historique

En 1970, le groupe est très populaire, en Angleterre mais, seulement, dans les pubs et ballrooms de seconde zone. Néanmoins, le 19/03, un événement crucial dans la carrière de Status Quo intervient. En effet, lors du concert donné au Collège of Fashion de Londres, la formation rencontre Colin Johnson qui va devenir leur manager, l'année suivante. Il faudra, pourtant, attendre, encore deux longues années pour que Status Quo perce, réellement, d'autant plus que le premier single de la décennie, 'Down the dustpipe' est dénigré, écrasé, critiqué, massacré. Tony Blackburn de Radio 1 le présente ainsi 'Down the dustbin (descendre la poubelle)'. Pourtant, un certain succès pointe son nez puisque ce titre entre dans les Charts anglais, y restera 17 semaines et se classera n°12, en juillet, le tout avec peu de passage radio, ni promotion. Il aura quand même fallu attendre deux mois après sa sortie ! Le titre bénéficie d'un bouche à oreille tout à fait incroyable et Top of the Pops se voit obligé de le diffuser dans ces émissions du 28 mai et du 11 juin. Rebelotte avec 'In my chair', en fin d'année. A l'instar du concert du 02/02, au Royal Albert Hall de Londres où le groupe rencontre Nigel Thomas, son futur et éphémère manager, l'année 1971 va s'avérer difficile. Ajouté à la dernière minute comme première partie de Léon Russel et arrivé très en retard, Status Quo eut, seulement, 15 minutes pour monter et tester son matériel, s'ensuivra une représentation catastrophique jugée affreuse par la presse. 'Tune to the music' et 'Dog of two head' n'intègrent pas les hits-parades anglais et seule une participation au festival de Weeley, en août demeure le fait notable de l'année.

L'année 1972 semble être dans la continuité de 1971. Afin de se relancer, Status Quo accepte de faire la première partie de Slade sur leurs dates anglaises du moi de mai jusqu'au festival de Lincoln, le 29 où le groupe émerge, enfin. En plein après-midi et sous une pluie torrentielle, Status Quo réveille le public emboué du British Great Western Festival de Lincoln et fait un véritable triomphe. Il pleut tellement que Bob Young affirme que Noë, lui-même, aurait rebroussé chemin. Ce sont les grands vainqueurs de la journée. Young et Johnson, avant que Quo ne monte sur scène, font le tour du parc afin de rameuter tous les journalistes présents. Pas question de rester sous les tentes, il faut voir le groupe afin qu'ils puissent, enfin, bénéficier d'articles élogieux. 10.000 personnes leur réservent une ovation grandiose. Pourtant, le groupe eu le désavantage de passer l'après-midi du troisième jour devant une audience inférieure aux deux jours précédents, trempée jusqu'aux os et cherchant à se réfugier sous tout ce qui pouvait servir d'abris. Les représentants de la maison de disques Vertigo, présents à ce festival, rencontrent Colin Johson et lui affirment qu'ils ne sont pas insensibles aux prestations de Status Quo mais rien n'est encore signé. Les responsables de Vertigo veulent se faire une seconde opinion et donnent rendez-vous pour une future prestation dont la date reste à définir. Mais, pour un premier pas c'est un premier pas ! Le clou est enfoncé, lors du festival de Reading, le 13/08. Un contrat est, vite, signé avec Vertigo qui produira le single 'Paper plane' et l'album 'Piledriver' qui deviendront des grands succès, en Angleterre. Ces deux galettes lancent l'année 1973, de belle manière. Même si le groupe se produit moins, en Angleterre (60 dates) à cause de son succès à l'extérieur des frontières anglaises, 'Caroline' (avec 2 passages à Top of the Pops) sera classé n°5, certifié disque d'argent, le 01/11 et servira de locomotive à l'album 'Hello', classé n°1 en fin d'année.


L'année 1974 ne pouvait mieux commencer, en Angleterre, car 'Hello' est certifié disque d'or, le 01/01. C'est dans ce climat de confiance que Status Quo envahie, en début d'année, les IBC studios de Londres pour l'enregistrement de 'Quo' qui doit sortir, conjointement à la tournée britannique (10 dates en Angleterre) qui débute, le 06/05, à Bristol. Le point d'orgue de ce tour reste le concert du 26/05 à l'Empire Pool de Wembley où la représentation est filmée, devant 10.000 personnes. Malheureusement, seule une vingtaine de minutes est disponible. Alors que le single 'Down down' voit le jour, une nouvelle tournée britannique est mise sur pied, en décembre, avec 11 dates anglaises. l'année qui suit sera, encore plus riche, en événements britanniques en général et anglais, en particulier. En effet, le 18/01, 'Down down 'est n°1 (disque d'argent) tout comme l'album, 'On the level' rapidement n°1 et disque d'or. Vertigo, la maison de disques, voulant remettre, rapidement, le couvert, propose de sortir un ouveau single tiré de l'album mais Status Quo ypréfère un ep Live. Au départ, la maison de disques pense qu'une production de ce type n'a aucune chance de succès puis se ravise, le studio mobile 'Rolling stone' est loué pour deux concerts, le premier au Kursaal Ballrom le 1er mars et le second au Trentham Gardens de Stoke, le lendemain. Finalement, c'est un extrait du premier concert qui est retenu. C'est 'Roll over Lay down'. Sorti le 14 mai, il entre dans les Charts anglais, le 17, à la 37ième place avant de se classer n°9, le 7 juin, et rester 8 semaines dans le top singles, dont 2 dans le top 10. Coup de poker réussi. Il faut dire que ce single profite de la tournée que le groupe donne, à travers tout le territoire britannique (11 dates anglaises). La demande de billets est telle que toutes les dates sont doublées : Leicester (8 et 9 mai), Newcastle (12 et 13 mai), Ipswich (19 et 20 mai) et Southampton (22 et 23 mai). C'est dans ce contexte très favorable que le groupe retourne aux IBC studios de Londres pour enregistrer leur futur album et donne un dernier concert, le 31/12, à l'Olympia de Londres. Quelques jours plus tard, en janvier, c'est au tour de la compilation 'Down the dustpipe' d'être certifiée disque d'argent avec 60.000 exemplaires vendus. Parallèlement, 14.000 £ sont consacrées à la mise en boîte de l'album 'Blue for you' à Londres. Il est promotionné par une publicité conjointe avec les jeans Levis. C'est la première expérience de ce type réalisée en Angleterre. La célèbre marque de jeans sponsorise également la tournée 'Blue for you' et à chaque concert, l'on peut voir cette célèbre affiche avec John, Alan, Rick et Francis arborant des Levis, portant la mention 'Status Quo wear Levis' et augmenté d'une publicité pour l'album 'Blue for you'. Plus de six mille magasins de vêtements, à travers l'Angleterre, apposent cette affiche dans leur locaux ce qui fait dire à Francis : 'Nous ne pouvions aller nulle part sans nous voir sur ce poster de Levis. C'était très embarrassant d'aller acheter des jeans et de se voir suspendu, comme çà, au mur. Cependant, nous n'avons pas touché un penny de ce contrat'. De plus, la promotion passe par les stades de football anglais où plusieurs panneaux sont entreposés autour de la pelouse comme, par exemple, au stade de Wembley lors de la finale de la coupe de la League, en février. Inutile de préciser que la tournée conjointe est un énorme succès, que le 33 tours est disque d'or et les singles envahissent les Charts. C'est devenu une routine chez un groupe devenu l'un des tout meilleurs d'Angleterre. Et même élu meilleur groupe de hard-rock par le Daily Mirror. Status Quo débute, donc, l'année 1977 par un concert au Bingley Hall de Stafford commémorant cette récompense. Partout, à travers l'Angleterre, on fête, également, les 15 ans de la formation alors que 'Live', sorti en mars, attient la 3ième place des Charts. C'est après avoir écumé toute l'Europe que le groupe rentre au pays pour une grande tournée britannique intégrant 21 concerts anglais (dont 4 soirées sold-out à l'Odéon d'Hammersmith) qui regrouperont pas moins de 55.000 personnes. Cette tournée, promotion des albums et singles, 'Rockin' all over the world' porte ses fruits car le single se vendra à 596.000 exemplaires, fin 1977, début 1978.

L'énorme succès recueilli par la formation a une contrepartie financière non négligeable. Les impôts augmentent dans les mêmes proportions que les appréciables revenus de nos quatre acolytes. L'état leur ponctionne jusqu'à 90% d'une partie de leurs revenus. Alors pour payer beaucoup moins d'impôts, une chose évidente apparaît, c'est résider, sur une année, moins de soixante jours sur le territoire britannique. C'est ce que les quatre membres feront, au cours de cette année 1978 où ils ne donneront qu'un seul et unique concert, en Angleterre, au festival de Reading, au mois d'août. L'album, 'If you can't stand the heat' sera un nouveau disque d'or, en fin d'année. L'année suivante sera d'une autre dimension scéniquement, en Angleterre, où la formation tourne non stop pendant les mois de mai et juin. Des concerts sont ajoutés à la liste initiale afin de satisfaire une demande énorme. C'est dans ce contexte que les singles (disque d'argent) et albums, 'Whatever you want' (disque d'or) cartonnent à travers tout le pays.